Entrez dans presque n'importe quelle paroisse catholique et vous les trouverez : la statue d'un saint portant un enfant, une figure de vitrail tenant une épée, une petite image glissée dans un livre de prières. Derrière chacun se tient une personne qui a un jour vécu, lutté, prié et qui est morte — et que l'on croit désormais dans la présence de Dieu, accordant une attention particulière à un groupe de personnes, à un lieu ou à un besoin. Ce sont les saints patrons. L'idée est plus ancienne que la plupart des pays et plus douce qu'elle n'en a parfois l'air, et lorsqu'on la comprend, tout le calendrier surchargé des saints commence à prendre sens.
Ce qu'est un saint patron
Un saint patron est une personne sainte au ciel reconnue comme intercesseur et protecteur spécial d'une personne, d'un lieu, d'une profession, d'une activité ou d'une cause donnés. Le mot patron vient de l'idée latine de protecteur ou d'avocat — quelqu'un qui veille sur vous et parle en votre faveur.
Les catholiques ne croient pas qu'un saint patron possède des pouvoirs propres à accorder. La conviction est plus simple et plus relationnelle : les saints sont pleinement vivants en Dieu, ils aiment les personnes encore sur la terre et prient pour elles. Avoir un saint patron, c'est donc avoir un ami particulier au ciel — quelqu'un dont on croit qu'il s'intéresse de façon spéciale à votre travail, à votre ville, à votre combat ou à votre nom.
Un seul saint peut avoir de nombreux patronages, et un seul besoin peut être associé à plusieurs saints. Le système n'est pas un tableau bien rangé venu d'en haut ; il a grandi au fil des siècles, à partir de vies réelles et d'une dévotion réelle.
Comment naissent les patronages
Les patronages naissent de quelques manières reconnaissables.
La plus courante est la vie ou la mort du saint. Un patronage reflète souvent quelque chose que le saint a réellement fait. Saint Luc est honoré comme patron des médecins parce que l'ancienne tradition tenait qu'il était médecin. Sainte Cécile est patronne des musiciens à cause de la musique liée à son histoire. Le lien renvoie généralement à quelque chose de réel dans la biographie ou le martyre du saint.
Une deuxième voie est la dévotion populaire durable. Parfois, les fidèles se sont simplement tournés vers un saint donné pour un besoin donné pendant si longtemps que l'association est devenue permanente. Aucun comité ne l'a décidé ; le peuple l'a décidé, en priant.
Une troisième voie est la désignation pontificale ou officielle. L'Église peut nommer formellement un saint comme patron d'un pays, d'un diocèse, d'un ordre religieux ou même d'une profession ou d'une technologie moderne. Lorsqu'un besoin nouveau surgit, que les saints anciens n'auraient pu imaginer, l'Église assigne parfois un patron approprié dont la vie suggère un lien naturel.
Et enfin il y a le lieu et la tradition : un saint enterré dans une ville, ou qui a évangélisé une région, en devient souvent le patron avec le temps, de façon presque naturelle.
Quelques exemples connus
Certains saints patrons sont célèbres bien au-delà de l'Église, et ils rendent l'idée concrète.
- Saint Joseph — le père adoptif de Jésus — est patron des travailleurs et des pères, de l'Église universelle et de la bonne mort. Son travail silencieux, fidèle et caché a fait de lui le patron naturel de ceux qui travaillent de leurs mains et des foyers qui s'efforcent d'agir avec droiture.
- Saint Antoine de Padoue est invoqué pour les objets perdus, une coutume si répandue que même des personnes éloignées de la foi connaissent la prière pour retrouver un objet égaré.
- Saint Jude Thaddée, l'un des Douze Apôtres, est le patron des causes désespérées ou impossibles — le saint vers qui l'on se tourne quand toutes les autres portes semblent fermées.
- Saint François d'Assise, qui prêchait aux oiseaux et traitait toutes les créatures comme des frères, est patron des animaux et de l'écologie.
- Sainte Cécile est patronne des musiciens ; Saint Christophe, dont on se souvient pour avoir porté l'Enfant Jésus à travers une rivière, est patron des voyageurs ; et Saint Michel Archange est patron des soldats et des policiers, le protecteur contre le mal.
- Pour les missions, l'Église nomme deux figures très différentes : Saint François Xavier, qui porta la foi à travers l'Asie, et Sainte Thérèse de Lisieux, religieuse cloîtrée qui ne quitta jamais son couvent et qui est pourtant copatronne de toutes les missions, pour l'amour qui nourrissait ses prières.
- Saint Luc, l'évangéliste, est patron des médecins et des artistes.
Les pays et les villes ont eux aussi des patrons. Partout dans le monde, des nations et des villes se placent sous la protection d'un saint, souvent fêté chaque année lors d'une célébration qui rythme le calendrier local.
Comment choisir un saint patron
Vous n'avez pas à tout organiser ; à bien des égards, un saint patron se reçoit autant qu'il se choisit. Il existe néanmoins des manières naturelles de trouver le vôtre.
La première est votre prénom. Beaucoup de catholiques portent le nom d'un saint depuis le baptême, et à la confirmation beaucoup choisissent délibérément le nom d'un nouveau saint — une personne sainte dont ils admirent la vie et qu'ils veulent imiter.
La deuxième est votre travail ou votre état de vie. Une infirmière peut se tourner vers saint Luc, un enseignant vers un patron des enseignants, un parent vers saint Joseph. Laisser la vie quotidienne suggérer un compagnon est un instinct ancien et sensé.
La troisième est un besoin particulier. Celui qui affronte une situation sans issue prie saint Jude ; les voyageurs demandent saint Christophe ; celui qui a perdu quelque chose invoque saint Antoine. Le besoin trouve le saint.
Et la quatrième voie, la plus discrète, est tout simplement l'attirance. Parfois vous lisez la vie d'un saint et vous vous sentez attiré par cette personne — son courage, son humour, sa manière d'aimer Dieu. Cet élan est déjà une sorte de présentation. Vous pouvez adopter un saint patron comme on se fait un ami : en passant du temps avec son histoire et en lui parlant dans la prière.
La théologie, dite avec douceur
Il vaut la peine d'être clair sur ce que cette dévotion signifie et ne signifie pas, car elle se prête facilement aux malentendus.
Les catholiques demandent aux saints de prier avec eux et pour eux. Demander à un saint d'intercéder n'est pas une adoration et ne remplace pas Dieu. C'est, très simplement, comme demander à un ami de prier pour vous — sauf que cet ami est déjà dans la présence de Dieu, pleinement vivant et libre de toute distraction. La grâce, l'aide, la réponse — tout vient de Dieu seul ; le saint unit votre prière à la sienne, comme un fidèle sur la terre prierait aux côtés d'un autre.
Derrière cela se tient une conviction ancienne : que l'Église est une seule famille et que la mort ne rompt pas les liens d'amour en son sein. Ceux qui sont partis avant nous ne sont pas sortis de la famille. Avoir un saint patron, ce n'est donc pas placer un intermédiaire entre vous et Dieu. C'est se souvenir que vous ne priez pas seul — que le ciel est rempli de personnes qui vous aiment déjà et qui se réjouissent de prier pour vous ramener à la maison.
Crucis Lux raconte la vie des saints sous forme d'histoires narrées et illustrées — afin que les amis du ciel deviennent réels pour vous. Faites leur connaissance dans l'application.



